FORMATION AU JEU CLOWNESQUE
La Cie La Manivelle propose une formation aux techniques du jeu clownesque en huit étapes . Même s’il est possible de s’inscrire à l’un ou l’autre de ces stages, il est fortement recommandé de suivre la formation complète, son contenu étant évolutif . L’objectif de cette formation est d'éclairer les spécificités du jeu clownesque et de transmettre un ensemble de clés qui pourront servir aussi bien à approfondir un travail d'acteur ou de danseur qu'à poser les bases d'une recherche sur le clown.
Public concerné : adultes motivés par un travail approfondi sur la figure du clown.
Programme
1 – Vivre le plateau au présent
l'état d'improvisation, chercher sa place
le rythme du clown et le rythme du plateau
la relation au public
2 – Le corps, outil d'expression
quelle partie du corps s'exprime ?
les différentes textures du corps
la voix
les attitudes
les satts (arrêts)
3 – la silhouette
le costume
le maquillage
les registre
le nom
4 – Voyage dans le paysage émotionnel)
la mémoire du corps
apprivoiser le vide
la respiration
la montée d'état
5 – texte, prétexte et sous-texte
la structure de l'improvisation
l'avant, le pendant et l'après
les niveaux de jeu (le coach, le clown et l'acteur)
le clown traditionnel et le mauvais clown
6 – l'Être en déséquilibre
le déséquilibre physique et la chute
collapse et abandon
le déséquilibre émotionnel : paradoxe, prise de risque et transgression
7 – Le jeu à deux
osmose, symbiose et opposition
le passage de relais
l'impolitesse
8 – Clown et création (solo et duo)
procédés & protocoles
reprise d'improvisation (creuser dans la matière)
prise de notes
Déroulement d'une journée
Matin : échauffement physique, exercices et jeux de pré-expressivité et mise en disponibilité.
Après-midi : exercices préparatoires et improvisations dirigées.
(8h de travail par jour)
Le déformateur fort mateur
Francis Farizon nait, un peu insatisfait, le 12 avril 1972, à St Etienne, alors qu’il neige. Il ne se souvient pas quand la question « qui est là ? » lui est apparue.
Après des études de journalisme, d’anglais et de littérature américaine, sentant le piège de son propre néocortex se refermer sur lui, il reçoit d'Edouard Bagracbski l’ordination de moine zen et devient saltimbanque ( à une époque où il y avait une vie pour les jongleurs de rue ).
Encore jeune et désireux d’être pris au sérieux, il suit une formation professionnelle d’artiste de cirque, à l’école Yole, (ex-école du Cirque Plume à Besançon), sous la direction pédagogique de Lân N’Guyen .Il cofonde la cie Cirka Bombaya avec laquelle il découvre l’univers impitoyable et festif des arts de la rue.
Un stage avec Jérôme Thomas finit de le lasser de l’art de lancer des trucs en l’air et d’essayer de les rattraper, Il initie alors à Toulouse le Freecirk (mouvement pour l’émancipation du nouveau cirque traditionnel d’aujourd’hui) au sein duquel il goûte les joies et les peines de l’improvisation et de la théatralisation de la vie quotidienne autour du chapiteau.
Devenu honorable père de famille au contact de Corinne et Anouk et clown autodidacte au contact de différents porteurs de nez (A. Riot Sarcey, Caroline Obin …), il s’essaye dans 2 spectacles (Déjà Noël, Picnic) et s’épanouit dans sa fonction de « clown municipal » avec la Cie La Manivelle.
Sa rencontre avec le danseur buto Atsushi Takenouchi comble son désir d’abstraction et, son hypothalamus enfin réveillé, il commence à traquer le joueur . Il étudie donc « la présence et l’acteur créateur d’espace » avec Laurence Mayor, et participe en tant qu’acteur à la recréation du spectacle « mon pire cauchemar » de et avec Ludor Citrik.
Pour nourrir sa recherche sur l’identité de clown, il met en place un cycle de formation pour adultes au jeu clownesque à Millau ( 18 stages donnés depuis 2006) .
Aujourd’hui, il écrit son CV à la troisième personne, ce qui l’amène se demander s’il n’est pas atteint d’alaindelonisme.
Quelques mots sur la démarche
"Quand je regarde quelqu'un évoluer sur le plateau, je veux reconnaître un clown, quelqu'un qui va me faire rire ou m'émouvoir par son envie et son plaisir de jouer à tout-est-possible . Je ne me préoccupe pas du fait qu'il soit professionnel ou amateur (il y a de mauvais pros et de bons amateurs).
J'essaye de l'aider, avec bienveillance mais sans complaisance, à se donner la permission de mettre en scène et en mouvement tous les aspects de sa personnalité, des plus lumineux aux plus obscurs, à se débarrasser le temps d'une impro des conventions sociales (beauté-laideur, homme-femme, qualité-défaut, force-fragilité…) pour qu'il puisse s'abreuver à la source de la sincérité.
Je ne prétends pas dans ces huit étapes de formation vous apporter des clowns finis . Un clown n'est jamais fini . Je ne vous propose pas non plus de trouver votre clown, il n'existe pas .Vous n'avez rien à vous approprier dans le clown . Inutile donc de fantasmer ou de fétichiser une créature qui serait un autre vous-même, libre, pur et candide, ce serait encore une projection de l'égo.
Le clown est une coquille vide, une simple interface entre votre intériorité et le public . Il est le produit de l'action conjuguée de votre joueur, de votre comédien, de votre histoire et du personnage que vous souhaitez jouer. Il est une qualité de présence que l'on n'apprend pas, qui se renouvelle sans cesse et dont la polymorphie n'a pas de limites.
Je souhaite juste par cette formation partager quelques clés sur ce travail du jeu clownesque, afin que chacun-chacune puisse développer son autonomie sur le chemin du clown."
Francis Farizon |